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Version numérique de La Gazette de Padern
HIVER 2015-2016

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  • Editorial
  • Quoi de neuf la Mairie
  • Vie pratique: savoir se couvrir pour ne pas attraper froid
  • Le coin des Anciens: se chauffer autrefois
  • Patrimoine: le mystère de la pierre trouée
  • Quelques arpents de ciel: promenade hors du temps à la bergerie de la Parade
  • Talents: Janine Bertrand
  • Portrait d'ici: Lucien Coste
  • Plantes: l'ortie
  • Ces padernais d'ailleurs: carte postale de Pondichery par Alexia Mayen
  • La cuisine de ma grand-mère: le fréginat d'Estelle
  • Il nous a quittés
  • Il a choisi Padern
  • Les reconnaissez-vous ? (Photos de classes)

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Editorial


L’année qui s’achève fut douloureuse  ; s’il n’y a pas parmi nous de Pythie pour prédire ce que les 12 prochains mois nous réservent, nous nous plaisons à imaginer que, tel un phare au milieu de la tempête, la silhouette rassurante de notre vieux château, nous aidera à garder confiance afin de poursuivre notre route. Parce qu’il est nécessaire de savoir d’où l’on vient, pour savoir où l’on va, nous continuerons tout au long de nos articles, à mettre en valeur notre village et ses habitants. Votre aide pour y parvenir sera toujours bienvenue et précieuse, n’en doutez pas.
A tous les amis de Padern, nous souhaitons une année 2016 aussi tranquille que la course d’une cabède dans les eaux calmes du Torgan et du Verdouble.


Proverbe  : Per la Candelor, l'invern s'acaba o pren vigor

La cabède bavarde



Quoi de neuf à la Mairie ?

Cœur de village  : les subventions relatives à la démolition de l’ex supérette et à la mise en sécurité de l’ancien presbytère ont été obtenues à hauteur de 70%.
Les autorisations de démolition et de construction sont en attente et le choix des entreprises est en cours.

Travaux cimetière  : Plusieurs cyprès présentant un danger pour les tombes, seront prochainement abattus.

Des travaux dans la rivière ont été entrepris au niveau du pont de la Clotte (dégagement d’une arche). Prochainement, des travaux de nettoyage seront effectués en amont du pont submersible de la Clotte, lequel sera également réparé. Il sera également procédé à l’enlèvement d’embâcles en amont de la station d’épuration.

L’approvisionnement en eau, comment ça marche  ?
Les employés municipaux ont en charge l’approvisionnement en eau du village. Dans ce cadre, tous les matins à 7h, Nicolas ou Bruno font le relevé des compteurs  ; d’une part celui de l’alimentation générale du circuit d’eau situé au niveau du surpresseur de La Clotte et d’autre part, le compteur sis au niveau des citernes, celui qui mesure la consommation en eau du village.

Débimètre local citernesLocal surpresseur 1Local surpresseur 2Local citernes 3

Tous ces prélèvements sont consignés par ordinateur et le système permet de mesurer le débit journalier heure par heure, au moyen d’un débitmètre. Ce mouchard, permet de contrôler la consommation d’eau du village à tout moment et rend compte d’une éventuelle déperdition sur le circuit (débit anormal constaté sur 24H). Lorsqu’une fuite est avérée, les municipaux interviennent la nuit (4h du matin  !) période durant laquelle la consommation d’eau est quasi égale à zéro. Le circuit d’eau étant découpé par secteurs, il est alors possible en intervenant sur les vannes, de délimiter la zone d’écoulement défectueuse. Une fois ce constat effectué, ce sont les spécialistes du Conseil Départemental qui à l’aide d’un système acoustique localiseront l’anomalie de manière très précise. Ne restera plus alors à Nicolas et à Bruno qu’à mettre à nu la tuyauterie défectueuse pour procéder à la réparation.


Vie pratique


Savoir se couvrir pour ne pas attraper froid.
Si les Corbières bénéficient d’un climat plutôt clément, la morsure du froid les jours de grand vent bien réelle, est susceptible outre la sensation d’inconfort, d’occasionner bronchites ou simples rhumes. Il est donc essentiel de savoir se couvrir pour s’en prémunir. A commencer par les extrémités.
On ne le sait pas toujours, mais environ 30% de la chaleur corporelle est évacuée par la tête. Choisir un bonnet couvrant bien les oreilles est donc le premier réflexe à avoir. La gorge mérite également qu’on la protège, tout comme la bouche devant laquelle on placera un tissu fin. L’air sera alors réchauffé avant de pénétrer dans les poumons. D’après une étude des chercheurs de Yale (Etats-Unis), le rhinovirus, responsable de votre méchant rhume se développerait facilement au-dessous de 33°. La température de la cavité nasale
étant de 37°, il n’est donc pas inutile de se couvrir le nez avant de sortir. Les extrémités se refroidissant plus vite, gants et chaussures chaudes et étanches sont indispensables et l’on pourra compléter éventuellement la panoplie par des crèmes anti-engelures ou/et des chaufferettes (demandez conseil à votre pharmacien ou votre médecin en cas de pathologie particulière).
Pour le corps, il est préférable de superposer plusieurs couches, la couche d’air entre chaque vêtement jouant le rôle d’isolant. Aussi, les vêtements serrés qui coupent la circulation sanguine seront évités. La couche extérieure sera imperméable au vent et à l’eau.
Par chance, nous disposons aujourd’hui d’excellents vêtements «  techniques  » dont l’efficacité n’a d’égal que la légèreté et permettent de pratiquer une activité physique et sportive par tous les temps ou presque.

D’autres mesures permettent également de se protéger du froid, notamment en gardant une alimentation équilibrée, en buvant beaucoup d’eau ou de tisanes. En effet, le chauffage des habitations peut favoriser la déshydratation. En période de grand froid, on limitera les efforts physiques (même si l’on est sportif) car le cœur bat plus vite pour lutter contre le refroidissement et les personnes fragiles resteront au coin du feu.
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Le coin des Anciens

Se chauffer autrefois
Rien de plus facile que de se chauffer aujourd’hui dans les Corbières mais le confort que nous prodigue le XXIe siècle n’a pas toujours été de soi à l’époque de nos Anciens.
L’âtre est bien sûr, la principale source de chaleur. Le feu est allumé dès le matin par la mère, première levée de la maisonnée. Alimenté tout au long de la journée, il servira également lors de la préparation des repas. Seule pièce chauffée de la maison, la cuisine en est la pièce principale, le lieu de vie familiale par excellence, réunissant plusieurs fonctions, sorte de loft avant l’heure, volume et bien être en moins. La cuisinière en fonte, très tendance de nos jours, apportera par la suite un nouveau confort à cette pièce de vie. Toutefois, les foyers ouverts restituent mal la chaleur et souvent on se brûle devant alors qu’on se gèle derrière.
Lorsque la station assise se prolonge, du moins pour les personnes les plus fragiles, les autres étant au travail à l’extérieur, on peut compter sur l’efficacité des chaufferettes. Il s’agit d’une petite boîte métallique dont le couvercle percé laisse passer la chaleur des braises déposées dans un seau en fonte, fer ou cuivre.

bassinoire

Quand vient l’heure du coucher, il faut parfois faire preuve d’un certain courage pour quitter l’atmosphère réchauffée de la cuisine pour regagner une chambre laissée à température ambiante, tendance gla-gla et un lit pas franchement accueillant. C’est que les draps d’autrefois sont tissés épais en coton ou lin  ; ils sont donc lourds, facilement humides voire glacés lorsqu’on s’y glisse. Fort heureusement, quelques accessoires bien utiles, permettent d’atténuer ces désagréments pour offrir une douce chaleur au dormeur  :
- Le moine, en forme de luge, comporte une sorte de cassolette métallique dans laquelle on introduit des braises et des cendres. La carcasse en bois permet de ne pas toucher les draps, évitant ainsi de les abîmer en les brûlant et prévient de possibles incendies.

moine

- Le chauffe-lit autrement dénommé bassinoire, muni d’un long manche, principalement en cuivre bon conducteur de chaleur dans laquelle on introduit des braises, a la même fonction. Les lits sont ainsi bassinés durant quelques minutes et restent chauds longtemps.
- Plus simple mais peut-être plus risqué, une brique enveloppée dans du papier journal peut aussi réchauffer la literie.
-Enfin, la bouillotte en cuivre, bien avant celles que l’on passe au four à micro-ondes s’avère très efficace pour venir à bout des pieds glacés.
Edredons en duvet et couvertures de laine fourniront la chaleur indispensable pour une nuit confortable, ne rendant plus nécessaires l’utilisation des bonnets de jadis.
En cas de très grand froid, on a recours au réchaud à alcool, qui génère une chaleur aussi spectaculaire qu’éphémère. A Padern, tous les viticulteurs, bouilleurs de cru, disposent d’alcool. Il est alors facile de le faire brûler dans un réchaud pour que la température s’élève de quelques degrés.
A la fin des années cinquante et notamment avec l’apparition de la fée électricité, la chaleur s’installera de manière simple, efficace et durable dans chaque maison, reléguant dans les greniers, tous ces ustensiles devenus inutiles et encombrants. Aujourd’hui, la cheminée est devenue insert, la cuisinière piano et les chandelles ne servent que pour les dîners en amoureux ou…les pannes d’électricité.

Patrimoine


Le mystère de la pierre trouée

Le promeneur curieux qui emprunte le chemin qui démarre au pont du grau et suit la rivière, ne manquera pas de s’interroger, lorsqu’arrivé à hauteur de l’ancien pont romain, son œil attentif de randonneur trouvera la marque rouge et blanche, lui confirmant qu’il se trouve bien sur le GR367. A cet endroit précis, sur le mur qui soutient un petit jardinet, il découvrira une pierre criblée de trous au cylindre régulier. Au nombre de 23 ou peut-être 24, ils étonnent par leur symétrie. Quelle est leur signification  ? En existe t-il d’autres dans le village ou dans les alentours  ? De quelle époque datent-ils et de quelle main sont-ils l’œuvre  ? Autant de questions que nous nous sommes posées mais auxquelles pour l’instant, nous n’avons reçu que des réponses incomplètes.

pierre trouée

Un grand nombre de personnes interrogées s’accorde à dire que ces alvéoles auraient un rapport avec l’activité de la mine. Une sorte de rituel qui aurait conduit chaque année les mineurs, à rendre hommage à la patronne de leur corporation, Sainte Barbe, le 4 décembre. Pour autant, nul dans le village ne se souvient d’avoir assisté à une telle manifestation, ce qui laisse à penser que peut-être, ces excavations dateraient d’avant la Grande Guerre. Une autre opinion verrait plutôt là, une entreprise technique pour permettre la construction de la liaison entre les deux parties du village des deux côtés de la rivière. Raisonnablement, on peut avancer que cette pierre trouée serait issue d’un outil, type barre à mine. Les amateurs de sensationnel devraient donc en être pour leurs frais car il y a bien peu de chances pour que l‘objet de notre enquête émane d’extra-terrestres ou d’une civilisation aujourd’hui disparue.
Quelle que puisse être l’origine de cette curiosité, nous faisons appel à nos lecteurs pour qu’ils nous apportent leur aide à percer (si l’on peut dire) ce mystère. Et, qui sait si Padern, en plus des vestiges de son château et de son prieuré, ne pourrait pas aussi se glorifier de sa
pierre trouée  ?

Le saviez-vous  ?
Le culte de Sainte Barbe
Selon traditions et légendes, Barbe devenue depuis Barbara, riche et belle héritière vivant au IIIe siècle à Nicomédie (Turquie) aurait été enfermée par son père dans une tour. Apprenant sa conversion au christianisme, ce dernier l’aurait décapitée de ses propres mains avant de tomber foudroyé. Son nom serait tiré du mot barbare désignant les peuples ne parlant pas le grec, puis le latin. Invoquée pour conjurer le tonnerre et les éclairs, ainsi que pour prévenir les accidents liés à l’explosion de la poudre à canon, son culte reste très vivace. Elle est fêtée chaque 4 décembre notamment par les artilleurs, sapeurs pompiers, mineurs, ingénieurs des Mines, géologues, etc. En commémoration de son martyr, les Provençaux sèment quelques grains de blé dont la germination déterminera la qualité de la future récolte. A noter que la statue de la sainte est présente à l’entrée de tous les tunnels en construction pour protéger les mineurs

Quelques arpents de ciel

Promenade hors du temps à la bergerie de la Parade

ll était une fois un pays magnifique, mais depuis toujours quand il y fait chaud on cuit sous le soleil, quand il y fait froid c'est à pierre fendre, le vent ne s'y contente pas de décorner les bœufs il les emporte, il n'y tombe pas beaucoup d'eau mais quand cela arrive elle inonde tout et la moindre plante vous pique et vous écorche. Ce n'est pas un endroit fait pour les tièdes, c'est un paradis qui se mérite, avant de vous récompenser au centuple.

Dans ce pays il est une bergerie accrochée aux pentes du Tauch, entre ciel et terre, dominant tout le territoire de Padern, témoin d'une époque où la vie se méritait encore plus, avant que la vigne ne s'impose, entre élevage et activités de subsistance. Pierre Soucaille y était berger et ses moutons étaient réputés pour leur arôme offert par les plantes de nos garrigues. Sa bergerie n'était pas la plus grande mais certainement celle avec le plus beau point de vue.


sp 01 Le travail de bureau est certes moins éreintant, du moins pour les corps, que celui de berger, mais essayez donc de trouver un bureau aussi vaste avec vue sur Quéribus et le Canigou...

sp 02
Le mont Tauch veille sur les ruines de la bergerie


sp 03
Fenêtre classique en meurtrière

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Arcature en pierres sèches

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Il reste un petit bout de toit

sp 06
La nature a repris ses droits même à l'intérieur

sp 07
Au royaume du soleil et du vent, gardé par le Tauch

sp 08
Temple maya abandonné ? Non, bergerie padernaise!

sp 09
le soleil déclinant met en évidence une des meurtrières


sp 10
Le soleil nous quitte, il est temps de laisser la bergerie retourner au calme

La beauté des lieux ne peut faire oublier la dureté de la vie d'alors : élevage dehors par tous les temps et maigres compléments de revenu grâce au ramassage de racines de buis servant à la fabrication des boules à jouer de l'époque. Qu'on se rende compte que Pierre avait l'habitude, quand il montait à sa bergerie, de passer par le Clot d'en Picasse, à pied évidemment, et de cheminer pied-nus au moins jusqu'au Clot afin d'économiser ses chaussures. Des chaussures dont nous possédons aujourd'hui moult paires que nous jetons avant même qu'elles soient vraiment usées... C'était une époque plus âpre il est vrai mais aussi plus simple, et qui a eu plus que sa part de bonheur.

Pierre Soucaille qui était né un 17 février 1866 à Padern, s'éprit un beau jour de Catherine Fabre, née aussi à Padern un 31 juillet 1861. Beaucoup se rappellent encore aujourd'hui de la Catarinou, tout petit brin de femme qui ne savait ni lire ni écrire, aussi légère qu'un pinson mais pourvue d'un caractère si bien tempé qu'on s'en souvient encore dans le village. Pierre épousa sa Catarinou à Padern le 6 juillet 1886. La légende raconte que lors de la nuit des noces qui eut la bergerie de La Parade pour écrin : l'ausissiam cridar fins a Montgalhard !

De leur amour est né Joseph Soucaille qui plus tard épousa Marie, ils furent les parents de Julien Soucaille, lequel se maria avec Anne pour donner naissance à Claude, elle-même maman de Marine. Déjà quatre générations depuis cette nuit de noces et La Parade nous contemple toujours depuis son perchoir...

Aujourd'hui la bergerie appartient aux domaines, c'est à dire finalement à nous tous, n'hésitez donc pas à y aller profiter d'un point de vue unique en même temps que d'un voyage dans un autre temps.
Pour s'y rendre le plus facile est de prendre la piste qui court sous Tauch à partir du passage à gué sur la route de Maisons, la piste a été refaite pour l'entretien de la ligne haute-tension mais prévoir quand même un 4x4. Sinon, vous pouvez toujours y grimper à pied, par le Clot d'en Picasse, mais ne tentez pas de le faire pied-nus comme Pierre Soucaille, nous n'avons plus le cuir aussi dur que nos aînés.


cartes

Cabède and Breakfast

(Rappel: les balades sont données à titre indicatif et laissées à l'entière responsabilité des marcheurs)


Talents
Janine Bertrand

tableau Janine à mettre absolument

Elle se défend d’être une artiste et pourtant Janine Bertrand en a la sensibilité. Il y a dans chacun de ses tableaux cette harmonie entre proportions et couleurs qui accroche l’œil.

Le Pont du Grau Jeanine Bertrand

Depuis toujours elle s’est sentie attirée par la peinture sans pour autant avoir l’occasion de s’y adonner. Il aura fallu qu’elle attende ses 79 printemps avant de pouvoir enfin, s’essayer à différentes techniques picturales dans un atelier de Félines. Magnifique démonstration qu’il n’y a pas d’âge pour oser . D’ailleurs si l’on en croit le journaliste et scénariste Henri Jeanson,   «un peintre a l’âge de ses tableaux…seuls les imbéciles ont l’âge de leurs artères». 

Tableau Jeanine 3

De manière instinctive, Janine est tournée vers l’école cubique et très vite elle délaisse le classicisme des paysages pour approfondir ses connaissances et son style. C’est véritablement à l’atelier de Padern dont elle aime l’ambiance car, «chacune apporte quelque chose à l’autre» et avec l’aide et le soutien d’Anne Marie Garaud-Lavigne, que Janine va donner libre cours à son imagination. Ses lectures lui feront tout d’abord découvrir l’univers de Kandinsky puis celui d’Albert Gleizes, son préféré. Voilà pour le genre. Un détail remarqué dans un tableau de maître deviendra le point de départ d’une composition. Son amour de la couleur et l’inspiration feront le reste comme ce rayon de soleil sur une toile posée là, en attente, qui lui inspirera les lignes d’une de ses réalisations. «  Il y a des trucs qui se font tout seuls, il s’agit de les voir  » dit-elle.

Le Pont du Grau de Padern

Le plaisir de peindre est intense. Tel le vigneron qui assemble les cépages pour obtenir le meilleur vin, Janine joue avec les couleurs jusqu’à obtenir la nuance exacte qui viendra donner la touche désirée et cet éclat particulier à chacun de ses tableaux, qui en fait sa signature  ; celle d’une véritable artiste.

La cabède talentueuse


Portrait d'ici
Lucien Coste

Il porte sa bonne humeur comme d’autres arborent leurs décorations au revers de leur veston et il n’est pas encore né, celui qui pourra se vanter d’avoir vu Lucien Coste en colère. Plus connu sous le diminutif sympathique de Lulu, il est sans doute, le plus populaire des Padernais et on se plait à imaginer qu’il s’est un jour dit, comme William Sheller  : «  je veux être un homme heureux  ». Peut-être est-ce simplement congénital car, lot du plus grand nombre, sa vie passée entre labeur et devoir, aurait pu parfois lui laisser quelques aigreurs. Or, il n’en est rien et c’est bien là son signe distinctif.
Comme beaucoup de Padernais, les premières années de la vie de Lulu se déroulent entre Torgan et Verdouble. L’école des garçons du village d’abord puis, une fois le précieux
certificat d’études en poche, le dur métier de la vigne devient naturellement le sien, aux côtés de ses parents. Bientôt Lulu, jeune homme de 20 ans, est appelé sous les drapeaux pour accomplir ses 18 mois réglementaires de service militaire. Commence alors, la grande aventure en Afrique du Nord. Nous sommes en 1957 et en pleine décolonisation. Au revoir les Corbières, bonjour le Maroc  ! Ses débuts à l’état major de Rabat au sein du 1er régiment de Chasseurs d’Afrique ne laisseront pas une impression désagréable à notre jeune recrue. Hélas, la zone de conflit s’étend et nécessite une nouvelle affectation à Sidi Bel Abbès, en Algérie. Grâce à sa bonne étoile et à la présence de la Légion Etrangère, Lulu sortira sans une égratignure de cette épreuve guerrière, après quasiment 3 ans au service de la patrie. Des moments qu’il préfère oublier  ; «  L’Algérie, écrasée par l’azur, c’était une aventure dont on ne voulait pas  », chantera plus tard Serge Lama.
Après cette longue absence, se profile enfin le Tauch  ; «  Y’ a d'la joie  !  ».
Retour à la vigne et à la vie tranquille du village. Lulu en profite pour s’adonner à ses passions. Les abeilles, non pas pour leur miel mais pour cette société organisée, laborieuse gravitant autour de sa reine, qui le fascine.

Lucien

Notre homme, passe aussi pas mal de temps à jardiner, peut-être pour mettre en pratique les conseils du magazine Rustica dont il est le fidèle abonné mais surtout pour le plaisir de voir grandir les plantes. Dans sa petite serre, il prépare les plants qui donneront notamment de succulentes tomates qu’il ne restera plus qu’à mettre en bocaux pour l’hiver. Elles seront agrémentées de quelques anchois de Collioure additionnés de fenouil et mis au gros sel par ses soins. Voilà quelques solides réserves pour des festins de connaisseurs  ! Les jours de pluie sont réservés à la traque des escargots que ce talentueux touche-à-tout, accommodera au vin rouge.
Place ensuite à des activités plus intellectuelles au premier rang desquelles celle de conseiller municipal, poste que Lulu occupe depuis fort longtemps. Par ailleurs, la lecture d’ouvrages très éclectiques piochés à la bibliothèque municipale, lui permet de se reposer et d’être au mieux de sa forme pour s’adonner à une passion innée pour le chant. Car, pour les rares qui l’ignoreraient encore, Lulu, c’est le Rossignol padernais dont la carte de visite pourrait emprunter ces mots à Charles Trenet : «  je chante, je chante soir et matin, je chante sur mon chemin  ». Fidèle entre les fidèles de la chorale, il se prête avec le même plaisir à tous les rythmes exigés par des chefs de chœur aux styles différents. Il se sent aussi à l’aise dans l’interprétation des chansons du monde que dans le répertoire religieux  : ce baryton-basse est de tous les offices et de tous les concerts, qu’importe la mélodie pourvu qu’on ait la voix  !


Comme pour les écoliers d’autrefois, le jeudi a sa préférence. Ce jour-là est avant tout réservé aux rencontres qu’il affectionne tant. Au programme  : parties de  trionimo et jeux de société en tout genre, proposés par Culture et Patrimoine, tandis qu’en début de soirée «  Atout-Chœur  » emportera notre choriste de vocalises en trilles.

Et s’il était là le secret de Lulu pour être toujours de bonne humeur  ? A moins qu’il ne s’agisse d’une méthode d’autosuggestion façon Maurice Chevalier  : « Dans la vie faut pas s'en faire/Moi je ne m'en fais pas»


Ces padernais d'ailleurs
La carte postale de Pondichery d'Alexia Mayen*

Cela fait maintenant 3 mois que mes parents et moi avons déménagé en Inde.
Nous sommes partis pour le travail de mon père et habitons à présent à Pondichéry, une petite ville d’un million d’habitants au sud est de l’Inde. Je dois avouer que notre arrivée a été un peu dépaysante. Mes parents et moi avons très vite découvert la nourriture indienne  : TRES EPICEE  ! Nous avons assisté à une fête religieuse appelée Divali, dédiée aux nombreux Dieux de la religion hindoue, beaucoup de feux d’artifices et de pétards sont lancés à cette occasion. Ainsi qu’à un mariage typique de la fille d’un politicien. Un grand nombre de la population se regroupe pour assister à la cérémonie, ouverte à tous.

Inde


Je suis par la suite rentrée au lycée français de Pondichéry où je poursuis mon année de Première, et prépare mon Bac de Français. Le début n’a pas été facile, mais je me suis rapidement fait des amis qui m’aident à rattraper mon retard car l’année scolaire en Inde débute mi-juillet et aboutit en Avril, pour cause du climat aride durant les mois de mai et juin.
Nous avons eu «  la chance  » d’arriver pendant la période fraiche, due à la mousson. Cependant, cette année, nous avons eu droit à une mousson très impressionnante  ! Les personnes vivant dans le sud du pays racontent qu’ils n’ont pas vu autant de pluie et de dégâts depuis une centaine d’années. Elle a causé une centaine de morts, des milliers d’inondations, ainsi que la fermeture temporaire de l’aéroport de Chennai (une ville à 3 heures, au nord de Pondichéry).
Nous avons également eu quelques infiltrations dans notre maison. Ca n’a pas toujours été facile, mais nous sommes tout de même très heureux de vivre cette expérience incroyable  !
Nous habitons à 50 mètres de la mer, nous mangeons la plupart du temps dans des restaurants, car nous saturons déjà un peu des pâtes et du riz

éléphant 1

J’aime ce pays, pour les rencontres qu’on y fait, parfois très originales  : Lakshmi est une éléphante à qui l’on donne des offrandes, telles des pièces ou de la nourriture, et qui nous bénit d’un mouvement de trompe sur nos têtes en retour.

J’aime également les vêtements traditionnels des femmes, qu’on appelle des saris. C’est une tenue du quotidien accompagnée d’un Tilak (appelés également bindi). C’est une trace de peintures sur le front voulant décrire le statut marital ou le groupe religieux auquel la personne appartient.

indienne


J’ai aussi la chance d’aller à l’école en «  Rickshaw  », une petite voiturette, et de passer devant une multitude d’écoles indiennes, où l’on peut voir les enfants sortir en uniforme et se rapprocher de leurs parents pour déjeuner à même le sol.
On réalise vraiment la misère de certaines personnes et les difficultés auxquelles elles font face.

rickshaw

Ainsi, malgré le fait de quitter mes amis, ma famille et de tout recommencer dans un autre coin du monde, je suis ravie de pouvoir vivre tout ça  ! Je vous invite donc à venir découvrir ce beau pays.

Merci à Françoise Izard pour ses conseils et ses bonnes adresses avant notre départ  !

* Alexia est la petite-fille de Julien et Geneviève Filhol et sa maman est Corinne, épouse de Régis Mayen.



Plantes de nos garrigues
l'ortie

ortie

C’est une plante  de la famille des Urticacées (en langage populaire on dira «  fautpaspoussermémé). Il en existe cinq sortes en France : la grande ortie et l'ortie brûlante sont les plus courantes. Les poils se terminent par un pic de silice qui se brise au contact pour injecter de l'histamine et de l'acide formique  ; c’est pour cela que «  qui s'y frotte s'y pique  ». Pourtant les vertus de cette plante envahissante sont nombreuses. Par exemple  : L’ortie est une véritable bénédiction pour les cultivateurs. Comme la consoude (cf dernière gazette) c’est un fertilisant qui nourrit généreusement le sol. Le purin d'ortie lutte efficacement contre le mildiou. C’est aussi un insecticide naturel. Il est conseillé de l'accommoder avec la consoude et la prêle et de le diluer à au moins 10% de purin pour 90% d'eau.
Les orties séchées, pourront également constituer un très bon fourrage.
Les bienfaits de cette plante à l’abord peu sympathique s’adressent également aux humains car comestible, elle est reminéralisante et s’accommode fort bien en soupe dans laquelle on rajoutera un peu de cresson. On pourra également s’en régaler en remplacement des épinards, avec un soupçon de muscade et cuits dans très peu ou pas d’eau.
Oui, mais alors comment cueillir cette herbe sur la défensive  ? Certains disent qu’il suffit de ne pas respirer au moment du contact avec les feuilles. D’autres, qu’il faut se passer régulièrement la main dans les cheveux. Et vous, quelle est votre méthode  ?


La cabède botaniste


Dans la cuisine de ma grand-mère
le fréginat (fricassée) d'Estelle

Ingrédients  : plusieurs morceaux de porc  : cou un peu saignant, haut de l’épaule, échine et 100 à 150 g de foie.
Thym, laurier, sel, poivre, mie de pain, vinaigre, sauce tomate.
Préparation  : couper la viande en petits carrés et les faire roussir dans une cocotte à fond épais. Flamber. Ajouter du concentré de tomates, de l’ail, un peu de vinaigre. Lorsque tout est bien revenu, ajouter de l’eau, 2 cueillères à soupe de thym, une feuille de laurier.
Saler et poivrer avant de faire mijoter lentement.
En fin de cuisson, préparer de l’ail pilé avec de la mie de pain rassie bien écrasée et un bon filet de vinaigre puis l’ajouter à la sauce.

fréginat

Pour accompagner ce plat d’hiver, Estelle vous conseille des haricots blancs type Vendée.
Vous prendrez soin de les faire tremper la veille au soir avec une pincée de bicarbonate de soude. Le lendemain, jeter l’eau de trempage puis en mettre de la fraîche, additionnée de sel et faire bouillir. A mi-cuisson, jeter cette eau et finir de faire cuire les haricots dans l’eau, des couennes qui auront été cuites à part avec un peu de sel. Avant la fin de la cuisson, ajouter un hachis d’ail et de lard.
Autrefois, pour un maximum de saveurs, ces plats étaient cuits dans la cheminée dans un pot en émail, appelé toupi.

toupi


Il a choisi Padern


Bienvenue parmi nous à Richard Weale qui a choisi de partager son temps entre le fog londonien et le Cers de chez nous. Nous lui souhaitons une jolie rénovation pour sa maison.

Il nous a quittés


Courant décembre, nous avons appris le décès d’André Sisquet.
Nous assurons sa famille de toute notre sympathie.



Les reconnaissez-vous ?
photos de classes



école Padern 1940

école garçons 1


La Gazette de Padern Ont participé à l’élaboration de cette gazette : Daniel & Olivier Bertrand, Christian & Christine Echenne, Estelle Fouga, Serge Pecceu, Philippe Reininger, dessins Anne-Marie Garau-Lavigne, maquette : Gérard Laporte, crédit photos : photos personnelles et libres de droits

Contact: gazettedepadern@gmail.com