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Version numérique de La Gazette de Padern
AUTOMNE 2015

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  • Editorial
  • Le coin de la Mairie
  • Vie pratique: les choses à vérifier, taxe d'habitation et redevance TV
  • Patrimoine: Padern, notre village
  • Talents: Violette, passion accordéon
  • Le coin des associations: la société de chasse
  • Le coin des expats: la Sainte Lucie en Suède
  • Les plantes de nos garrigues: la consoude
  • Le coin des Anciens: histoire d'une amitié
  • Balade d'automne: les bergeries troglodytes
  • Ils nous ont quittés
  • La cuisine de ma grand-mère: lait ferré et gourmandises d'automne
  • Le remue-méninges de Jacky

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Editorial

On a rangé les vacances. Sécateurs et taille-haies fatigués d’avoir débroussaillé tout l’été vont retrouver les établis. Les bacs à glaçons devenus inutiles quitteront les congélateurs dans
l’attente des prochains verres de l’amitié, ceux que l’on boit au café des sports, chez Béatrice et à la buvette du comité des fêtes. Une pointe de nostalgie nous prend à la pensée que l’été est déjà fini. Pourtant, pour profiter le plus possible de cette période si différente du reste de l’année, les longues journées ensoleillées ont été prolongées par des animations variées et de qualité, à la grande satisfaction d’un public divers qui s’est enthousiasmé des
airs entraînants de la chorale, a profité de l’érudition de conférenciers autant que de la science d’une passionnée de botanique, ou bien encore, s’est régalé des chefs d’œuvre du cinéma. Comme il ne saurait y avoir d’été sans fête, grillades et rock and roll ont rempli la promenade de leur fumet caractéristique et le temps d’un madison ou d’une farandole nous ont offert une indispensable note d’insouciance. Surtout, toutes ces rencontres nous ont montré la fidélité qu’entretiennent certaines familles avec Padern, ados et bouts de choux en nombre, donnant une image inhabituelle et rassurante du village. Puissent tous les bénévoles s’en souvenir les jours où pointe le découragement, c’est par leur énergie qu’ils donneront à ces jeunes générations l’amour du village et l’envie de préserver son patrimoine environnemental et culturel.
Lorsque les vignes seront dépouillées de leur parure cuivrée, que Cers et Marin glaceront nos matinées et que fumeront les cheminées, c’est le souhait que nous adresserons à ce bon vieux Père Noël, l’ami des hommes de bonne volonté et des cabèdes bien sages.

La cabède bavarde



Le coin de la Mairie

La mairie nous informe que pour la bonne marche des affaires communales il a été procédé à l’élection de nouveaux adjoints :
Christian Echenne 2e adjoint, est délégué aux services techniques, gestion du personnel technique, suivi et coordination des travaux.
Frédéric Ibanez 3è adjoint, est délégué à la gestion des réseaux électriques, réseau d’eau potable et assainissement, gestion du personnel technique, suivi, expertise et coordination des travaux sur les réseaux.
Michèle Rouhaud 1è adjointe reste en charge du gîte, de la bibliothèque et des cérémonies.
Par ailleurs, nous vous rappelons que M. le Maire tient une permanence chaque vendredi de 10H à 12H.

Tri sélectif : un peu plus de monde cet été dans le village cela fait forcément un peu plus de déchets, alors pensez-y si vous utilisez votre véhicule pour faire un peu de tri sélectif, il existe un container à verre devant l’ancienne cave coopérative. De même, une benne réservée aux encombrants a pris place près des ateliers municipaux, à la sortie du village (route de Tuchan). A vos poubelles!



Vie pratique


Avec les premiers frimas, on est content de retrouver la chaleur douillette de la maison. Toutefois, pour se réchauffer en toute sécurité, quelques précautions sont indispensables :

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  • avant chaque hiver, faire systématiquement vérifier et entretenir les installations de chauffage et de production d’eau chaude et les conduits de fumée par un professionnel qualifié. Par ailleurs, nous vous rappelons que l’installation d’un détecteur de fumée est désormais obligatoire ;
  • tous les jours, aérer au moins dix minutes, maintenir les systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement et ne jamais boucher les entrées et sorties d’air ;
  • respecter les consignes d’utilisation des appareils à combustion : ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu.
Pour en savoir plus : L’ensemble des informations et des supports sont disponibles sur le site de l'inpes et http://www.prevention-maison.fr.

Et puisqu’on va désormais passer plus de temps à faire ses mots croisés ou regarder le JT de 13 H, mieux vaut être sûr de son installation électrique. Voici quelques conseils qui éviteront bien des tracas :
  • Faites vérifier régulièrement votre installation électrique par un professionnel ;
  • Si certains de vos câbles électriques, prises de courant ou fusibles sont chauds ou noircis, faites intervenir un électricien très rapidement ;
  • faites immédiatement réparer un appareil électrique qui ne fonctionne pas correctement ;
  • Nettoyez régulièrement les systèmes de ventilation des appareils électriques (après les avoir débranchés) ;
  • Acheter des appareils électriques portant la marque NF. Ils sont conformes aux normes de sécurité et ont subi des essais et des contrôles sévères ;
  • Remplacez ou faites remplacer les éléments cassés (prises de courant, interrupteurs.) ;
  • Ne faites pas passer de fils électriques sous un tapis ;
  • Evitez le recours aux multiprises. Si vous ne pouvez pas faire autrement, utilisez de préférence un bloc multiprises avec un interrupteur, ceci vous permettra d'éteindre la multiprise lorsque vous ne vous servez pas des appareils ;
  • Ne jamais utiliser de rallonge électrique ou de multiprise pour brancher des gros appareils ménagers (lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, réfrigérateur,) ;
  • Renseignez-vous quant à la possibilité de faire installer des détecteurs d'arcs électriques dans votre tableau.
http://www.risques-domestiques.com/incendie-origine-electrique.html

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…ainsi que les feuilles d’impôts !
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TAXE D’HABITATION

Que vous soyez propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit, la taxe d'habitation est calculée annuellement sur votre habitation principale. Elle s'applique aussi à votre éventuelle résidence secondaire, d'après votre situation au 1er janvier.

  • La taxe d'habitation concerne les locaux suivants :

- Locaux meublés affectés à l'habitation (habitation principale ou secondaire, maison individuelle ou appartement) ;
- leurs dépendances (parking privatif, garage, etc.), mêmes non meublées et non attenantes ;
Le logement doit disposer d'un ameublement suffisant pour en permettre l'habitation. La taxe est due même si l'habitation est inoccupée.
  • Calcul :

La taxe d'habitation est calculée pour l'année entière d'après votre situation au 1er janvier. Même si vous déménagez en cours d'année, vous restez imposable à l'adresse où vous habitiez au 1er janvier.
Elle est calculée d'après la
valeur locative cadastrale (1) de l'habitation et de ses dépendances. Cette valeur est diminuée d'abattements(2) pour la résidence principale. On obtient ainsi la valeur locative nette. Le montant de la taxe est égal à la valeur locative nette multipliée par les taux d'imposition votés par les collectivités territoriales (3) à laquelle s’ajoutent une taxe spéciale d’équipement , les frais de gestion et éventuellement un prélèvement sur les résidences secondaires.

(1) Représente le niveau annuel potentiel que la propriété concernée produirait si elle était louée.
(2) Si personne (s) à charge : enfants et /ou ascendants si âgés de plus de 70 ans lorsqu’ils résident avec le déclarant et que leur revenus ne dépassent pas certaines limites.
(3) Commune, intercommunalité.

Pour 2014 le taux d’imposition pour la commune de Padern était de 17,6 % et de 5,7 % pour l’intercommunalité. Le taux de la taxe spéciale d’équipement était pour 2014 de 0,143%.

LA REDEVANCE TELE
La taxe d’habitation et la redevance télé sont acquittées en même temps.
Mais vous n’avez à payer cet impôt qu’une seule fois, même si vous possédez plusieurs postes dans des résidences différentes.

En savoir plus : Service-Public.fr

Le saviez-vous ?

Le mot impôt entre dans la langue française pour la première fois en 1399 avec le sens précis de « part de la dépense publique imposée par l'État à chaque citoyen ». Il remplace alors dans la langue un vieux mot qui survivra néanmoins : assiette (on parle d’assiette fiscale). Le mot impôt est emprunté au latin impositum « ce qui est imposé ». Ses dérivés sont nombreux : imposer, imposition mais aussi imposteur ! En effet, ce mot vient lui aussi du verbe imponere qui pouvait aussi signifier « tromper, faire croire une chose fausse ». L’imposteur est donc celui qui trompe ! Mais revenons au sens premier du mot impôt en cette période où les prélèvements obligatoires affluent : gageons que les mots de Madame du Ferrand (qui vivait sous Louis XV) s’écriant « On taxe tout, hormis l’air que nous respirons » ne deviennent réalité un jour ! Ce fut presque le cas lorsque sous la Révolution de 1789 fut institué « l’impôt des portes et des fenêtres » !


Patrimoine
Padern, notre village
Transmettre notre passé, nos origines, nos racines liés à notre village, donc notre Histoire, notre Mémoire, est le but de cette rubrique. Nous espérons qu’elle vous donnera l’envie de transmettre à votre tour, cet héritage.

Padern, notre village au cœur des Hautes Corbières.
Ce village quel est- il ?
- un site géographique «personnalisé»
- une localisation administrative «ciblée»
- une zone de passage et de contact
- sa spécificité : son appartenance totale aux Hautes Corbières
- une histoire… à découvrir… Saint Exupéry avait coutume de dire : «  j’ai toujours su que j’étais du pays de mon enfance »

Un site spécifique : d’influence au caractère nettement défini par sa montagne de Tauch, sa «vallée-bassin» dessinée par le confluent de deux rivières : le Verdouble dans lequel se jette le Torgan.

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Situé à 195 mètres de haut, il est dominé par son château (dont les ruines actuelles datent du XVIIe siècle). Allongé en croissant, à flanc de vallée, il descend en gradins jusqu’au confluent. C’est un bassin fermé, communiquant avec les régions voisines par des « graus » c’est à dire des passages, donc un double site, de confluence et de passage.
Le paysage était composé de trois éléments: la vigne, les garrigues, les pinèdes. Aujourd’hui les friches couvertes de genêts s’imposent sur tout le territoire; la monoculture de la vigne a disparu devant l’importance des « arrachages » (aidés par l’Europe !).

Padern est une commune de 128 habitants au dernier recensement.
Elle était située dans le canton de Tuchan, qui s’étend depuis peu à Durban, Ferrals, dans une Région Languedoc- Roussillon- Midi Pyrénées en pleine mutation, une extension qui pour nos régions rurales pose certains problèmes !

Notre région a toujours été, comme elle l’est encore aujourd’hui «une zone de passage et de contact».C’est exactement ce que nous retrouvons à Padern tout au long de son histoire.
Depuis au moins le néolithique et la plus haute antiquité elle est reconnue comme telle.
Elle a connu des vagues successives d’envahisseurs qui y ont laissé une empreinte durable visible encore aujourd’hui (si on sait l’observer et l’interpréter, bien sûr).
Migrations de l'âge du fer, invasion celte, commerce grec, colonisation romaine reposant sur l’exploitation des mines : la romanisation apparaît primordiale à travers deux éléments, la langue et l’implantation du christianisme (au double visage : religieux et politique). Les romains donnaient déjà à notre région le nom «d’isthme gaulois». Une empreinte durable pour nos Corbières jusqu’à Narbonne et même Tolède en Espagne : celle des wisigoths pendant plus de trois siècles. Bien sûr la domination franque, traversée par l’incursion arabe avec une installation de quarante années en Septimanie et notamment à Narbonne (nous avons retrouvé dans les années 60 des tombes sur notre territoire, ainsi que pour les wisigoths , les romains , sans compter les trouvailles dispersées grâce à l’archéologie et aux recherches du Docteur Courrent ou d’Yves Solier : pointes de flèches, silex, tessons de poteries, monnaies)
Une reconquête franque avec la mise en place des comtés provoquant les divisions féodales (Padern et le Perapertuses, Quéribus entre autres) et donc d’inévitables affrontements et conflits dont profiteront les rois de France pour imposer à la suite de la croisade albigeoise leur pouvoir politique, récupérer le Languedoc et l’intégrer au domaine royal en 1271. Comme le dit Michel Roquebert dans son « Épopée Cathare » : « l’affaire de Quéribus marque le début du règlement politique auquel il fallait bien que les rois de France et d’Aragon aboutissent un jour. »
1659 : rattachement du Roussillon à la France.

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Une HISTOIRE à découvrir…
L’Histoire de PADERN est étroitement liée à l’abbaye de Lagrasse à l’origine de la création du village.
L’histoire de Padern sera liée pour neuf siècles à l’abbaye : du début du IXe au XVIIIe.
A ses débuts, un prieuré monacal fondé en 805 d’après le Cartulaire de Mahul, 899 pour certains historiens modernes. (trois moines dans ses débuts , plus tard sept). C’est une des premières dotations de l’Empereur Charlemagne à l’abbaye fondée en 778 à son retour des guerres d’Espagne où mourut son neveu Roland (c’est le premier village fondé dans le canton de Tuchan). Il était consacré à Saint Pierre es Liens.
Le choix des abbés est motivé par :

  • le site (similitude avec celui de Lagrasse)

  • les ressources en eau au confluent des deux rivières et en bordure du Torgan afin de développer l’irrigation, les cultures, essentiellement le blé, et construire plusieurs moulins : grâce aux moines les paysans purent se regrouper pour former «un lieu de vie», étroitement lié à l’église construite en premier dans le cimetière actuel que nous appelons toujours « daré l’agleiso» et dont une pierre angulaire toujours visible en est un vestige-souvenir.

  • l’élevage local des moutons lié à la transhumance (il y aura jusqu’à 3000 têtes de bétail) et à un apport de fumier pour les cultures.

  • Les richesses minières : depuis l’installation des romains l’exploitation des mines a toujours été effective.


L’ Histoire de Padern est très complexe ; si Charlemagne s’est intéressé à ces terres c’est d’une part parce que elles étaient vacantes à la suite des nombreuses invasions déjà citées et que surtout elles étaient situées sur une zone frontière qui deviendra d’abord la «Marche de Toulouse» puis la «Marche d’Espagne».

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Qui mieux qu’une abbaye, qui va devenir la plus importante du Sud de la France s’étendant jusqu’à Tolède, avec l’appui de l’Église (ne pas oublier la toute puissance du pouvoir religieux aussi important que le pouvoir politique sinon plus) pour défendre ces zones–frontières avec l’Aragon ? Cela n’empêchera pas les raids et les razzias sarrasines qui déporteront en Espagne certains habitants de nos villages (par exemple du «Castrum» de Molhet dépendant de Padern ou du village voisin de Paziols où la majorité de la population sera déportée) ; les rois carolingiens renforcèrent cette muraille défensive, véritable «Ligne Maginot» du moyen âge par la création d’abbayes et monastères bénédictins dont la plus puissante Lagrasse, mais aussi Saint Polycarpe, Alet... A partir de 816, Lagrasse ne relèvera que du Saint Siège : elle n’a d’autre juridiction immédiate que celle de son propre abbé, par la volonté du pape Léon XIII qui avait couronné Charlemagne empereur à Rome en l’an 800.
Tout ceci pour expliquer que l’on ne peut comprendre l’histoire de Padern et des Hautes Corbières sans une vision plus globale de l’histoire ; cela peut paraître disproportionné aux yeux des profanes : un si petit village dans un coin aussi reculé quasi désertique !
Si aujourd’hui, ces régions nous apparaissent comme de vrais déserts, ce n’était pas le cas jusqu’au XIX e siècle. Un exemple : le château qui domine et protège de son allure féodale le village et la vallée (construit au Xe siècle, restauré au XVII après les guerres).
Un site connu historiquement tôt : dès le 1
er siècle de notre ère les romains s’intéressaient aux mines de plomb argentifère et de fer de la vallée du Torgan (textes de Pline, Aviénus , Pomponius Mela). Cet intérêt sera manifeste jusqu’au XIX siècle. Cela ne fera pas l’objet d’une étude à ce jour même si cela représente le second grand intérêt de l’histoire de «notre village : PADERN».

Simone Picard


Le coin des associations
la Société de Chasse

Vidéo de Pierre

La société de chasse de Padern présidée par Félix Brazo* compte une quarantaine d’adhérents qui crapahutent sur 3000 hectares autour du Tauch, Paziols, Cucugnan, Padern, Maisons, sur les traces des sangliers et des chevreuils, principal gibier du terroir. La saison a officiellement démarré mi- août et s’étirera jusqu’à fin février, bien que quelques battues aient eu lieu dès le mois de juin en raison de la prolifération des sangliers.
Si l’on connaît bien l’aspect ancestral que constitue la traque du gibier née de la nécessité pour l’homme de se nourrir, on oublie trop souvent que les chasseurs participent à la préservation de l’environnement. Ouvrir des chemins, les entretenir, nettoyer ruisseaux et fontaines, délimiter des coupe-feux, bétonner certains passages etc. font partie des missions de l’association, pour le plus grand plaisir des randonneurs. Cet entretien facilite également les interventions des pompiers.


Vidéo de Florent

Les chasseurs agissent aussi comme régulateur d’une faune nuisible pour les vignes et les jardins en évitant la prolifération des sangliers. Par ailleurs, régulièrement, des bêtes abattues sont envoyées dans un laboratoire vétérinaire agrée, pour contrôler qu’elles ne sont pas porteuses de la « trichine », maladie parasitaire des porcins rendant leur viande impropre à la consommation.
Pas de chasseur sans son chien dont le travail constitue plaisir autant que fierté pour son maître.
Chasseurs et promeneurs partagent donc le même goût de la nature. A chaque partie de chasse, les zones investies sont clairement indiquées par un panneau et la courtoisie doit être de part et d’autre, la seule règle pour le plaisir de tous. Toutefois, si vous envisagez une sortie en groupe, mieux vaudra préparer votre circuit avec les responsables de l’ACCA locale qui éventuellement changeront de secteur et à tout le moins renforceront leurs consignes de vigilance. Ainsi, il ne restera plus qu’à se laisser griser par les senteurs de la garrigue en attendant de s’enivrer du parfum d’un civet savoureux.

ACCA Padern Tél : 06 75 69 60 07


Talents
Violette, passion accordéon

L’enfance luxembourgeoise de Violette Sortel a été bercée par les mélodies jouées au violon par son grand-père, sorte d’André Rieu du Grand Duché, autant que par les succès d’Yvette Horner, Willy Staquet et autre Aimable que ses parents ne se lassaient pas d’écouter. C’est donc tout naturellement que toute jeune elle s’est sentie une vocation de musicienne. Apprendre le piano la fait rêver. Pourtant l’instrument ne plait guère à sa mère qui n’en aime ni le son ni les encombrants contours. Le hasard d’une annonce dans un journal viendra mettre fin à la déception de la jeune fille. Puisqu’il ne peut être question d’un piano classique, ce sera le piano à bretelles.

Violette 3

A ses 15 ans, notre padernaise s’inscrit donc dans un conservatoire d’accordéon privé et apprend théorie musicale en même temps que maitrise des trois octaves de son instrument.

violette& violon

Application, assiduité et exercices quotidiens lui permettront de tenir sa place dans une formation qui, durant l’été, se produit sur la Place d’Armes de Luxembourg et au cours de petites tournées.

Le manque de temps, les aléas de la vie l’obligeront à mettre fin à ce destin musical mais pas à son histoire d’amour avec l’accordéon même si, désormais, l’instrument, un Crucianelli, est devenu un peu trop lourd à son épaule fatiguée.
Si vous passez près de la placette, peut-être entendrez-vous quelques airs populaires ou folkloriques du répertoire allemand, le musette ne se jouant qu’avec un accordéon à boutons.

accordeonnistes NB

Demandez alors à Violette l’accordéoniste, qui tient aussi parfois l’harmonica, d’interpréter « Schneewaltzer », la « valse des neiges ». Et si, par chance, vous-même jouez d’un instrument, proposez-lui de l’accompagner, pour son plus grand plaisir et pour le nôtre.

La cabède talentueuse


Le coin des expats
Une fête suédoise

la sainte Lucie à Göteborg avec Astrid*

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La sainte Lucie, en suédois  ” Sankta Lucia ” est une fête ayant lieu le 13 Décembre en l’honneur de Lucie de Syracuse. Cette fête est célébrée dans toutes les écoles et toutes les familles sont invitées pour voir le spectacle.
C´est souvent deux classes qui le font, les cinquième et les CM2. Il y a 3 rôles principaux (ça dépend des fois) qui sont : le Père et la Mère Noël et la Sainte Lucie. Le reste des filles porte des robes blanches et des guirlandes argentées dans les cheveux et les garçons ont des robes blanches et des chapeaux en forme de cône décoré d´étoiles dorées et une baguette magique. Les filles sont appelées « tärnor » et les garçons « stjärngos-sar » ; ensemble ils suivent Sainte Lucie qui a des (fausses) bougies dans les cheveux et qui porte un plateau de « lussebullar » et de « pepparkakor ». Les « lussebullar » sont des brioches au safran et aux raisins en forme de S et les « pepparkakor » sont des pains d’épices. Quand le spectacle commence, les lumières s’éteignent et Sainte Lucie sort avec une queue-leu-leu de filles et garçons en blanc. Ensemble ils chantent des chansons jusqu´à l´estrade, là où le Père et la Mère Noël sont déjà. C´est à ce moment que le spectacle commence vraiment ; il y a plein de chansons et un sketch avec le Père et la Mère Noël. C´est en tout cas comme ça dans mon école. Cette fête est célébrée partout en Suède, même dans des parcs d´amusement et de différentes façons à chaque fois.
Sa maman Gigi, précise que la Sainte Lucie se fête également au bureau et un peu partout de la même manière : on se retrouve pour regarder et écouter la procession (les chorales sont très occupées à cette époque) et manger des gâteaux. C’est une manière de passer le cap du mois le plus sombre de l’année.
*Astrid est la petite-fille de Richard et Michèle Eyres.
A noter que les petits-enfants Pannolié vivent aussi à
Göteborg.


Plantes de la garrigue
La grande consoude
ou Symphytum officinalis du grec symphuô «  je réunis  »

C'est au bord des fossés et en terrain humide qu'elle préfère se développer. Ses grandes tiges velues et ses feuilles pointues l'on fait appeler «  oreille d'âne  ». Vous la trouverez à Padern bien que sa préférence aille aux climats continentaux, en particulier dans les jardins de Lucien, de Martin et rue Tranquille.

consoude

Elle est utilisée pour guérir brûlures, cassures (consoude = souder), gerçures, rhumatismes, arthrite et elle achève la cicatrisation des plaies. Elle se prépare en onguent, en teinture et en décoction.

Ses vertus ne s'arrêtent pas là, c'est un engrais très efficace, préparé sous forme de purin, comme pour prèle et ortie, un excellent aliment vert ou sec pour tous les animaux de la ferme et aussi pour nous les hommes car elle fut appelée autrefois le «  poisson du jardin  » à l'époque où elle était cultivée, car légèrement grillée, la feuille a un petit goût qui rappelle la sole au beurre. Dans les Balkans on l'utilise avec de la farine pour faire une sorte de crêpe qui sera ensuite garnie de crème fraîche et de lardons.

Les fleurs violettes disposées en grappe penchant toutes du même côté, sont très mellifères. Préférez les variétés sauvages aux semences du commerce.

La cabède botaniste


Le coin des Anciens
1914-1965: histoire d'une amitié

1888, dans le village de Saint Denis de Gastines, aux confins de la Bretagne, des Pays de Loire et de la Normandie, dans une famille nombreuse, nait un petit garçon que l’on baptise Constant. A l'âge de 7 ans il perd son père tué par un cheval, d'un coup de sabot.

Constant ne connaîtra pas les bancs de l'école, il ira garder les vaches, son travail consistant à « épaumer », c'est à dire couper les pommes en plusieurs parties pour que les animaux ne s'étouffent pas en les avalant entières.

Loin de là, en 1895, à San Bitou, nait un petit François. Entouré de ses sœurs il va grandir en allant à l'école et en jouant dans l'orchestre d'harmonie de la commune :
la Lyre Padernaise.

lyre padernaise 1913

La guerre de 14 éclate et Constant est envoyé à Verdun.

Son frère Joseph aussi, il n'en reviendra pas.

joseph
Document reçu par la maman de Constant et de Joseph


Plus tard, François le padernais, rejoint à son tour la Meuse.

Le
fort de Douaumont est pris à tour de rôle par les français et les allemands avec de très nombreuses victimes de chaque côté. 

Au cours d'un bombardement, François, le plus jeune des deux, est pris de folie et il se précipite hors de la tranchée en hurlant. Constant l'assomme d'un coup de crosse de fusil le faisant échapper à une mort certaine. Revenu à lui, il reprend ses esprits et c'est ainsi que débute une amitié, « à la vie à la mort ».
Entre les attaques il faut occuper le temps et François apprend à lire et à écrire à Constant. Il lui apprend aussi des rudiments de musique à l'accordéon. Maintenant Constant sait lire et écrire mais il n'a personne avec qui correspondre. François lui propose sa sœur Victorine comme marraine de guerre avec laquelle il va échanger de nombreuses lettres.

Capturés à Douaumont, où ils ne doivent leur survie que parce qu'ils ont bu leur urine là où d'autres périront pour s'être abreuvés à l'eau qui ruisselait dans une terre jonchée de cadavres en décomposition, prisonniers en Allemagne, ils sont séparés provisoirement mais, signe du destin, ils se retrouvent hébergés dans deux fermes voisines.

François VIÉ
Portrait de François pris en captivité en Allemagne


Quelques mois plus tard Constant s'évade et il rejoint la France en se déplaçant toujours à pied et de nuit.

La guerre finie, les deux amis se retrouvent à Paris.

Constant et François aiment bien le bon vin, l'un n'a jamais quitté sa Normandie natale et l'autre lui parle sans arrêt du soleil, du climat du Sud. Ils décident donc d'aller à Padern. Ils débarquent à Narbonne et ils mettent le cap sur San Bitou, à pied!

A la tombée de la nuit, ils arrivent à destination. François est de retour chez lui mais il n'est pas question que Constant soit présenté à la famille avant le lendemain (usages de l'époque).
Il passera la nuit dans une écurie, dans le foin. Le lendemain, après une toilette dans la rivière, il est présenté à la famille et à sa marraine de guerre et c’est le coup de foudre!

Il sera agriculteur, puis il travaillera à l'usine électrique en habitant à la forge du Grau, c'est là que naîtra leur premier enfant. Puis il deviendra garde champêtre de Padern (il a planté le platane de la placette, près du café), enfin métayer au Devès où la 2e guerre mondiale le surprendra. Il regagnera le village comme vigneron et ouvrier agricole.

Entre les 2 guerres, avec son ami et désormais beau-frère François, ils se déplaceront à vélo dans les villages de la région pour faire danser les gens malgré les séquelles de la balle qui lui avait traversé le poignet. Ils garderont en eux les souvenirs cauchemardesques de la vie dans les tranchées sans pour autant s'en épancher vraiment, comme s'ils avaient honte d'avoir survécu à cette immense boucherie.

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la seule photo qui réunit les deux amis autour de leur famille dans les années 40

En 1955 François disparaît, victime d'une maladie qui touchera beaucoup de vignerons utilisateurs de pesticides.
Constant lui survivra jusqu'en 1965 où il partira dans les mêmes conditions que son ami.

Ils reposent dans la même tombe, dans cette terre des Corbières qu'ils ont tant chérie, une amitié au delà de la vie...

La cabède historique


Balade d’automne
les bergeries troglodytes du Grau


Le territoire de Padern recèle de nombreux trésors, certains très visibles au point d'être associés à l'image de notre village comme le château qui le surplombe, et d'autres plus discrets qui savent se rendre difficilement accessibles comme les bergeries troglodytes que l'on peut apercevoir depuis la route dans les gorges.


Nous sommes quelques uns à avoir pour projet d'ouvrir ou de rouvrir des sentiers de randonnée à la journée autour de Padern. Parmi les sentiers candidats : une boucle passant par les bergeries troglodytes. Il est possible de se rendre à ces bergeries mais attention, tant que le sentier n'est pas débroussaillé, il se mérite ! Toute balade se fait sous l'entière et unique responsabilité du promeneur.

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J'espère que quelques photos sauront rendre grâce à la beauté des lieux et vous donner envie de parcourir ce sentier lorsqu'il sera finalisé.


Le point de départ : au pont du Grau, en venant de Padern, prendre de suite à droite au début du pont un petit sentier, puis le rocher en plan incliné visible ici.

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Le sentier, au début aisément visible (au moins jusqu’au niveau de la grotte) permet d'avoir une vue sur l'ensemble de la barre rocheuse qui abrite les bergeries.

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Le sentier grimpe et permet de Belles vues sur le Grau, avant de descendre en suivant la falaise.

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Alors que le sentier tend à disparaître après la grotte, voici la première bergerie. Simple abri sous roche d'une emprise au sol assez faible, cette bergerie est aussi une des plus modeste avec ses murs grossiers en pierre sèche. A noter la présence dans l'enclos d'un petit boyau de grotte peu profond.

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bergerie n°1.3

Un peu plus loin en suivant le bas de la falaise on aperçoit déjà la deuxième bergerie.
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Il s'agit de l'une des deux les plus abouties, avec un mur imposant scellé à la chaux.
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Le mur mesure une douzaine de mètres pour une cinquantaine de cm d'épaisseur, ce qui représente une très grande quantité de chaux, en un endroit peu aisé d'accès, y aurait-il un four à chaux non loin ?
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Vue sur l'angle le plus enfoncé, aux parois noircies par le feu.
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On note ici aussi la présence d'un petit boyau, ainsi que les traces de nombreux feux.
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Le madrier inférieur de l'entrée montre deux trous carrés: supports d'autres madriers disparus constituants les montants d'une porte ou simple réutilisation d'une pièce de bois déjà ouvragée ?
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Nous arrivons ensuite à la troisième bergerie, elle aussi imposante et très ouvragée.

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Son mur fait une quinzaine de mètres de long, pour une cinquantaine de centimètres d'épaisseur.

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Outre là aussi la présence d'un petit boyau, on note dans la partie intérieure sud du mur quatre morceaux de bois identiques plantés au deux tiers de la hauteur : support pour mangeoire ?

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Les bergeries 4 et 5 sont quasi accolées, voici l'angle nord de la 4e, assez petite et peu profonde.
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Depuis la 4e on accède directement à la 5e à quelques mètres à peine.
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A droite de la porte, au bas du mur sud, on remarque une petite ouverture maçonnée : évacuation ?
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Fin de balade : initialement je pensais visiter un 6ème vestige, puis remonter plein ouest en passant entre deux barres rocheuses avant de revenir vers Padern, mais voilà, le Verdouble me tendait les bras et il faisait bien chaud...

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L'objet pendu dans cet arbre, à 5 m au dessus de l'eau, est un morceau de rondin de bois de 50 cm de diamètre, pour se rappeler que le lit de nos rivières peut parfois être inamical...

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Cette balade aura duré trois heures : Padern, pont du Grau, cinq bergeries, baignade, remontée sur la route et retour, le tout en prenant le temps (photos...). Je pense qu'une fois le sentier finalisé en une boucle bien praticable, elle sera aisément réalisable en deux heures et permettra d'accéder à ce lieu que tous les touristes, qui s’arrêtent dans les gorges, photographient sans vraiment imaginer ce qu'il recèle.

Cabède and Breakfast

Ils nous ont quittés

Ce 6 juillet ont eu lieu les obsèques de Monique LARIS née CAMPS, suivies le 30 de celles d’André GABINAUD. Passionné de botanique et de géologie, chasseur, André était un amoureux de Padern.

Nous assurons les familles de toute notre sympathie et nous associons à leur peine.


La cuisine de ma grand-mère
le lait ferré:

Voici une recette sortie tout droit de l’enfance. Pour la réaliser, choisir une cheminée dans laquelle brûle un bon feu de bois, des pinces préalablement nettoyées, du lait, des morceaux de sucre ;
- faire chauffer un verre ou une tasse de lait selon votre envie ;
- faire rougir les pinces dans l’âtre ;
- placer un morceau de sucre dans une cuillère (pour éviter de vous brûler) et le saisir avec les pinces.
- faire fondre immédiatement le caramel obtenu dans le lait ;

  • savourez, le monde peut s’arrêter de tourner, vous avez 10 ans, comme le chantait Alain Souchon !

lait ferré


Gourmandises d’automne-hiver :
Il n’y a pas si longtemps encore, nos vignes étalaient quelques Servant, raisin de table blanc, typique du Languedoc qui a la particularité de se conserver longtemps ; servan signifiant dans la langue d’Oc « qui se conserve ». Vendangées tardivement, les grappes suspendues à des roseaux et placées dans les greniers séchaient à l’abri de l’humidité. La table de Noël (et parfois même celle de Pâques !) réservait alors la surprise de ces derniers grains gorgés du doux soleil d’automne.

servants

Tandis que les voisins catalans ne sauraient se passer des nombreuses variétés de tourons sur leur table de Nöel, les padernais dégustaient autrefois le « touron du pauvre » ; des figues sèches coupées en deux et fourrées avec des amandes ou des noix dont les ingrédients se trouvent à proximité de cueillette.

Aujourd’hui, le servant n’est plus à la mode et les confiseurs rivalisent d’imagination pour offrir à notre gourmandise d’innombrables douceurs pas toujours très conformes à la tradition mais tellement savoureuses !



Le remue-méninges de Jacky

La solution de la grille de l’été 2015

casse-tête 1 solution

l'énigme de l'automne: Les mots doivent se lire horizontalement et verticalement. N’utiliser que des lettres autorisées (voir tableau) et surtout celles qui ont la plus grande valeur, le but étant d’atteindre le total maximum en ajoutant la valeur de chaque lettre. Seuls les verbes à l’infinitif, les noms communs et les adjectifs au singulier sont autorisés. Total à battre: 471
La solution dans le numéro d'hiver de la Gazette.


énigme n°2


La Gazette de Padern Ont participé à l’élaboration de cette gazette : Daniel & Olivier Bertrand, Christian & Christine Echenne, Jacky Pannolié, Serge Pecceu, Simone Picard, Philippe Reininger, dessins Anne-Marie Garau-Lavigne, maquette : Gérard Laporte, crédit photos : photos personnelles et libres de droits

Contact: gazettedepadern@gmail.com